Quand la biodiversité camerounaise inspire une alternative écologique aux pesticides
Développer une alternative aux pesticides chimiques à partir de la biodiversité végétale camerounaise : c’est l’ambition de ce projet porté par l’UMONS et l’Université de Douala et soutenu par l’Académie de Recherche et d’Enseignement Supérieur (ARES). Les chercheurs analyseront plus de 100 huiles essentielles afin d’identifier celles capables de lutter efficacement contre différents champignons et insectes qui affectent les cultures fruitières.
De la biodiversité à une solution de biocontrôle
Le projet débutera par un vaste travail de sélection. Les équipes étudieront la composition et l’activité biologique de 120 huiles essentielles contre plusieurs champignons et insectes responsables de pertes importantes sur les fruits en conditions tropicales. Les formulations les plus prometteuses seront ensuite identifiées grâce à des tests visant à mettre en évidence d’éventuels effets synergiques entre différentes huiles essentielles.
L’étape suivante consistera à développer des nanoémulsions, c’est-à-dire des formulations permettant d’encapsuler ces combinaisons d’huiles essentielles. Les chercheurs en évalueront la stabilité ainsi que l’efficacité sur des fruits modèles. Les travaux porteront aussi sur leur impact sur la qualité des fruits et sur leur innocuité vis-à-vis des organismes non ciblés et de la consommation humaine.
« Ce projet associe biodiversité, agroécologie et innovation afin d’explorer une nouvelle voie de protection des cultures fruitières. Notre objectif est d’accompagner le développement d’une solution durable, adaptée aux réalités du terrain et valorisable au bénéfice des acteurs locaux », explique Kévin Tougeron, chercheur au Laboratoire d’Écologie des Interactions et Changements Globaux de l’UMONS.
Passer du laboratoire aux filières agricoles
Comme projet de valorisation ARES, l’enjeu ne sera pas seulement de tester une piste scientifique. Les partenaires prépareront aussi les conditions de son transfert : analyse technico-économique, étude des brevets existants, examen du cadre réglementaire applicable aux biopesticides et premiers échanges avec des coopératives agricoles, des entreprises d’extraction et des start-ups actives dans l’agrotechnologie.
L’objectif est de construire une feuille de route vers un prototype et de premiers tests pilotes, afin que les résultats puissent progressivement rejoindre les filières fruitières camerounaises.