Larissa Romariz Peixoto (2023), Les conditions du projet populaire. Paradoxes socio-spatiaux et jeu de tensions en Hainaut franco-belge, Thèse de doctorat, UMONS. Promotion: Jean-Alexandre Pouleur, Pascale Jamoulle, Béatrice Mariolle, membre du jury Thierry Paquot, Maddalena Rossi, Chloé Salembier présidé par Vincent Becue

La thèse propose une plongée sensible, guidée par la parole citoyenne, dans les méandres de six quartiers populaires du Hainaut franco-belge. Elle part de l’investigation des puissants paradoxes qui caractérisent ces lieux pour, telle une provocation, interroger le projet urbain et soulever des matières à penser pour les concepteurs, politiques et responsables de la ville en général. Que nous apprennent ces quartiers et leur manière singulière de traverser les brutales transitions sociale, économique et environnementale du passé ? Ont-ils construit des défenses, des formes de résilience ? Comment sont-ils capables d’affronter les enjeux propres à notre époque ? La recherche s’appuie sur des enquêtes et des campagnes d’immersion de terrain pour tenter de définir ce que serait un projet populaire qui ménage ces lieux de vie et de travail, et d’observer en quoi il s’adosse à la parole et à l’acte de l’habitant. Via une approche transdisciplinaire entre architecture, urbanisme, sociologie et anthropologie, la thèse identifie deux conditions essentielles à la mise en place de ce projet populaire. La première serait la compréhension de trois tensions ambivalentes qui tissent la vie de quartier : entre l’objet spatial et l’objet social, entre la cage qui enferme et le cocon qui protège, entre le stigmate qui pénalise et l’identité qui porte. La deuxième serait l’identification, puis la valorisation, au cœur de ce jeu de tensions, de ressources ancrées capables de participer à l’épanouissement social et urbain de ces portions fragiles de la ville.

Marianne Durieux (2023), Analyse transdisciplinaire des problèmes de mobilité des élèves entre l’école et le domicile : Cas d’étude de la commune de Mons, Promotion: Jean-Alexandre Pouleur et Chantal Scoubeau,  membre du jury : Vincent Kaufmann;  EPLF, Juan Torres;  UdeM – Université de Montréal, Thomas Waroux, et Noémie Lago, présidé par Pozniak, Laetitia

Aux heures de pointe (de la circulation), Mons a son centre-ville intramuros congestionné. Les écoles fondamentales et secondaires seraient les principales fautives, car une grande majorité d’entre elles sont situées dans ce centre-ville. De ce fait, elles génèreraient un très grand nombre de déplacements aux heures d’entrée et de sortie. De plus, ces dernières années, la distance parcourue par les élèves entre le domicile et l’école a considérablement augmenté, principalement en raison de l’étalement urbain et de l’utilisation accrue de la motorisation (Wiel, 2004). Ces différents éléments impliquent un accompagnement intensif des enfants en voiture à l’école, autrement dit la pratique de l’« enfant paquet » (Dolto, 1985, p. 72). Les conséquences de cette pratique sont multiples : la perte d’autonomie et d’indépendance (Granié et al., 2019), la diminution de la « motilité » (Kaufmann et Widmer, 2005), la diminution de l’orientation dans l’espace, la perte de points de repère, la perte de liens sociaux, mais aussi à contrario, l’augmentation de problèmes de santé physique et psychologique (UNICEF, 2019) (OMS, 2019). La question de recherche de cette thèse est donc : quels sont les facteurs permettant d’appréhender les problèmes de mobilité scolaire à Mons ? Le processus de recherche s’est déroulé en trois grandes étapes. Tout d’abord, la distance à parcourir entre la maison et l’école par les élèves montois à Mons est analysée à partir des données confidentielles de la Fédération Wallonie-Bruxelles et la réalisation de cartographies SIG. Ensuite, la deuxième étape de la recherche nous a amené à étudier les motilités (Kaufmann et Widmer, 2005) des familles montoises à partir d’entretiens semi-directifs avec douze parents d’élèves. Enfin, la troisième étape concernait les représentations socio-spatiales pour les modes de transports, les écoles et le territoire de Mons des familles montoises. L’objectif final de cette recherche est la construction d’un modèle théorique (motilité — représentation — distance) transdisciplinaire et systémique permettant d’appréhender la problématique.

Ornella Vanzande (2022), LE LOGEMENT, VECTEUR DE SENS. FOCUS SUR CE QUI NAIT AUX MARGES PAR L’APPROPRIATION CLANDESTINE D’UN HABITAT LEGER. Alternatives observées aujourd’hui par enquête de terrain en Wallonie. Promotion: Jean-Alexandre Pouleur, Pascale Jamoulle,  membre du jury Béatrice Mariolle, Pierre Callewier, Judith LE MAIRE DE ROMSEE; Lago, Noémie  présidé par David Laplume

Le modèle économique occidental nous a plongés au fil des dernières décennies dans une « marchandisation » du logement (Rapport des Nations Unies, 2015, pg 4) alors qu’il est proclamé « Droit » par l’ONU. Les études montrent à quel point le logement devient de moins en moins accessible pour les ménages à l’échelle mondiale, mais aussi régionale. L’IWEPS (2020 sur base des données jusque 2018) signale que le prix des loyers augmente depuis 2005 plus vite que l’indice des prix à la consommation. Ce poids accru du logement dans le budget des ménages impacte davantage certains groupes sociaux en situation de vulnérabilité. 

En mettant en relation des préoccupations économiques, écologiques, environnementales, sociétales voire sanitaires d’aujourd’hui, cette recherche remet en question les modèles « type » du logement présents en majorité dans le paysage wallon. Ces modèles ayant trop peu évolué ces dernières décennies au regard des évolutions sociétales. Cette thèse explore de nouvelles formes alternatives de logements qui naissent aux marges de ce qui apparait dominant sur le territoire.  

Deux mondes semblent s’entrechoquer ; d’une part celui de la norme – le logement classique – dans lequel le « logé » par l’absence de pouvoir de décision s’éloigne du processus de conception de son logement ; d’autre part celui de l’habitat d’initiative citoyenne dont l’habitant, manifestant une remise en question profonde, se place en marge du système en créant l’alternative.  

Cette recherche part de l’analyse des différentes formes du logement classique présentes en masse sur le territoire wallon depuis la période industrielle. Elle a pour objet la relation entre l’habitant et son logement. Par le prisme de l’analyse de l’habitat léger – et par conséquent par celui de son habitant – il sera question de réinterroger la production du logement classique. Ce dernier semble présenter des failles en raison son coût de production, d’entretien et d’accessibilité, de son emprise sur le territoire par l’étalement urbain qu’il génère, de sa faiblesse de mixité ou encore par son empreinte écologique. En parallèle, l’habitat léger, connaissant depuis quelques années un engouement certain, semble apporter des réponses éco-responsables à une part de la population. Coût abordable, habitat écologique et respectueux de l’environnement, spatialement raisonné, facilitateur de liens sociaux, tout en permettant à l’habitant de s’inscrire dans une démarche impliquée. Par le prisme de l’analyse de l’habitat léger – et par conséquent par celui de son habitant – il est question de réinterroger la production du logement classique par l’observation d’un monde en contre-culture.

Jean-Alexandre Pouleur (2002),

Promotion Liliane Voyé et Herman Becker, membre du Jury Michel Bassand EPFL, Jean-François Mabardi, Jean de Salle,