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Des chauves-souris pour protéger les cultures et la biodiversité : l’UMONS impliquée dans le projet européen TransAgroBat

Publié le 9 mars 2026
Rédigé par Damiano Di Stazio
Un important projet scientifique européen s’intéresse de près à un animal souvent discret mais essentiel aux équilibres agricoles : la chauve-souris. Baptisé TransAgroBat et coordonné par l’Université de Picardie Jules Verne, ce projet Interreg France-Wallonie-Vlaanderen réunit plusieurs partenaires dont l’UMONS. À travers son laboratoire d’écologie des interactions et changements globaux, dirigé par Kévin Tougeron, l’UMONS analysera notamment l’impact des polluants sur ces espèces et leur rôle dans la régulation naturelle des insectes ravageurs, avec en ligne de mire une agriculture plus résiliente et moins dépendante des pesticides.

Dans la zone transfrontalière France-Wallonie-Flandre, l’intensification agricole et industrielle engagée depuis la seconde guerre mondiale a profondément remodelé les paysages, entraînant une homogénéisation des milieux, un recul marqué de la biodiversité et une accumulation de polluants dans les sols et les eaux.

À cela s’ajoute le changement climatique, qui accentue la pression des insectes ravageurs et fragilise les équilibres naturels. C’est dans ce contexte que s’inscrit TransAgroBat, un projet financé à hauteur de 1,9 million d’euros par le programme Interreg France-Wallonie-Vlaanderen, avec le soutien de la Région wallonne. Son ambition ? Renforcer la résilience des territoires en protégeant la biodiversité et en réduisant les pollutions.

Les chauves-souris, sentinelles et alliées des agriculteurs

Chaque nuit, les chauves-souris insectivores consomment d’importantes quantités d’insectes, dont certains sont nuisibles aux cultures. Pourtant, leur présence est fragilisée par la fragmentation des habitats et l’exposition à des polluants comme les métaux lourds ou les pesticides.

Le projet combine écologie de terrain, écotoxicologie, génomique, bioacoustique et modélisation spatiale pour comprendre comment ces facteurs influencent leurs déplacements, leur alimentation et la taille de leurs colonies. Des cartes de connectivité des habitats seront produites afin d’identifier les zones favorables à leur conservation.

À l’Université de Mons, le laboratoire d’écologie des interactions et changements globaux (EICG), dirigé par Kévin Tougeron, joue un rôle central dans les analyses écotoxicologiques.

« Les chauves-souris sont à la fois des alliées naturelles contre les ravageurs et des indicateurs précieux de la santé de nos écosystèmes agricoles », souligne Kévin Tougeron.

L’UMONS coordonne les relevés écotoxicologiques sur les différents versants du projet et participe activement aux actions de démonstration et de sensibilisation auprès des agriculteurs.

Des recommandations concrètes pour les territoires

Coordonné par l’Université de Picardie Jules Verne, TransAgroBat vise à fournir des outils opérationnels : recommandations d’aménagement du territoire, recommandations pour maintenir des paysages agricoles connectés, favorables aux déplacements des espèces, ou encore, intégration des chauves-souris dans les stratégies de lutte biologique.

« Il s’agit de produire tout en réduisant les pollutions, en s’appuyant sur des solutions fondées sur la nature », insiste Kévin Tougeron.

Le projet est financé par le programme Interreg France-Wallonie-Vlaanderen. Pour rappel, le programme de coopération Interreg France-Wallonie-Vlaanderen, co-financé par l’Union européenne, s’inscrit dans une volonté de favoriser les échanges transfrontaliers entre les Régions Hauts-de-France et Grand Est, la Wallonie, la Flandre Occidentale et Orientale.

Les partenaires du projet sont : Université Picardie Jules Verne, UMONS, INAGRO, Instituut voor Natuur- en Bosonderzoek (INBO), Picardie Nature, Regional Parc Houtland & Polder (RLHP) et Université Marie et Louis Pasteur.