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L’UMONS décroche un projet WEAVE pour percer les secrets de la mémoire mécanique des cellules migrantes

Publié le 19 juin 2026
Rédigé par Damiano Di Stazio
Le laboratoire SYMBIOSE de l’UMONS, dirigé par le professeur Sylvain Gabriele, a obtenu un financement de près de 340.000 euros dans le cadre d’un projet WEAVE soutenu par le F.R.S.-FNRS et le Fonds national suisse de la recherche scientifique (SNSF). Mené en collaboration avec le Prof David Brückner, de l’Université de Bâle, ce projet vise à mieux comprendre comment les cellules conservent la mémoire mécanique de leur environnement et utilisent cette information pour guider leurs déplacements futurs.

Lorsqu’elles se déplacent dans les tissus vivants, les cellules traversent des passages étroits, contournent des obstacles et évoluent dans des environnements en constante évolution. Face à ces contraintes, réagissent-elles uniquement à ce qu’elles rencontrent ou conservent-elles une trace de leurs expériences passées ?

C’est à cette question que s’intéresse le nouveau projet de recherche porté par Sylvain Gabriele, responsable du laboratoire SYMBIOSE et président de l’Institut Biosciences de l’UMONS, en collaboration avec David Brückner, de l’Université de Bâle. Sélectionné dans le cadre du programme WEAVE, il bénéficie d’un financement destiné à approfondir une découverte récente réalisée par les deux équipes.

Quand les cellules se souviennent de leur passé

Pendant longtemps, les biologistes ont pensé que les cellules réagissaient uniquement aux signaux qu’elles percevaient à un instant donné. Les travaux récents des équipes de Mons et de Bâle ont mis en évidence un phénomène inattendu : certaines cellules épithéliales, présentes à la surface de nombreux tissus et organes, gardent en mémoire les contraintes mécaniques rencontrées au cours de leur parcours. Cette mémoire semble ensuite influencer leur comportement lorsqu’elles évoluent dans de nouveaux environnements.

« Nous avons montré que les cellules ne se contentent pas de réagir à l’environnement instantané. Elles conservent également une forme de mémoire mécanique qui influence leurs comportements futurs », explique Sylvain Gabriele.

Les chercheurs ont notamment identifié le cortex d’actine, une fine structure située sous la membrane de la cellule, comme un support potentiel de cette mémoire mécanique.

Une collaboration internationale pour décrypter la mémoire mécanique

Grâce au soutien conjoint du F.R.S.-FNRS et du Fonds national suisse de la recherche scientifique (SNSF), les équipes de l’UMONS et de l’Université de Bâle vont désormais viser à comprendre les mécanismes moléculaires à l’origine de cette mémoire et la manière dont elle influence les décisions prises par les cellules dans des environnements complexes.

L’objectif est également de développer un modèle capable de prédire la manière dont les cellules se déplacent en fonction de leur expérience passée et de mieux comprendre les mécanismes biologiques à l’origine de ces comportements.

À terme, ces travaux pourraient permettre de mieux comprendre comment les cellules naviguent au sein des tissus vivants, aussi bien dans des situations anormales que physiologiques. Ces connaissances pourraient notamment apporter un nouvel éclairage sur des mécanismes impliqués dans l’invasion cellulaire observée lors de nombreuses maladies, dont certains cancers, et ouvrir de nouvelles pistes pour leur compréhension et leur traitement.

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