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Bénéfices des entreprises : quel impact sur les écarts salariaux entre femmes et hommes ?

Publié le 8 juillet 2026
Rédigé par Damiano Di Stazio
Les bénéfices des entreprises profitent-ils davantage aux hommes qu'aux femmes ? Une étude menée conjointement par le Service d'Économie de l'UMONS et l'Université libre de Bruxelles (ULB), publiée dans la revue De Economist, apporte un éclairage inédit sur cette question. Basés sur l'analyse de plus de 600 000 travailleurs du secteur privé belge, les résultats montrent que le partage des profits dépend surtout des caractéristiques des travailleurs autres que le genre ainsi que des modalités de négociation salariale.

Entre 1999 et 2016, les femmes du secteur privé belge percevaient en moyenne un salaire inférieur de 15,6 % à celui des hommes. Dans quelle mesure cet écart est-il lié aux bénéfices réalisés par les entreprises ?

Pour répondre à cette question, les chercheurs ont analysé les données de plus de 600 000 travailleurs belges, en tenant compte de nombreux facteurs tels que le niveau de diplôme, l’ancienneté, la fonction occupée ou encore les caractéristiques des entreprises.

Un partage des bénéfices globalement comparable

L’étude montre qu’à caractéristiques comparables, les entreprises belges redistribuent leurs bénéfices de manière similaire aux femmes et aux hommes. Lorsqu’une entreprise double ses bénéfices, les salaires augmentent en moyenne de 2,8 %, sans différence statistiquement significative entre les deux sexes.

« Nos résultats montrent que les écarts salariaux entre femmes et hommes s’expliquent davantage par les caractéristiques des travailleurs et leur répartition entre entreprises que par une différence dans le partage des profits », explique Alexandre Waroquier, chercheur au sein du Service d’Économie de l’UMONS*.

Des écarts qui s’expliquent autrement

L’étude montre que les travailleurs les plus diplômés, les plus expérimentés ou occupant des fonctions de direction bénéficient davantage du partage des bénéfices. Lorsque les salaires sont négociés au niveau de l’entreprise, les hommes semblent davantage profiter de cette redistribution que les femmes.

Les chercheurs observent toutefois que les femmes travaillent plus fréquemment dans des entreprises moins rentables. Cette répartition contribue à réduire, en moyenne, le montant des bénéfices qui se traduit en salaire, même lorsque les mécanismes de partage sont comparables.

Les chercheurs avancent enfin une piste d’explication : cette répartition différente des femmes et des hommes entre entreprises plus ou moins rentables pourrait notamment être liée à des trajectoires professionnelles influencées par un partage encore inégal des responsabilités familiales.

*Cette étude, publiée dans la revue scientifique De Economist, est le fruit d’une collaboration entre Kevin Pineda-Hernández et François Rycx (Université libre de Bruxelles), ainsi que Mélanie Volral et Alexandre Waroquier, du Service d’Économie de l’UMONS. 

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