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Entrepreneuriat académique : la création récente de 2 spin-offs illustre la stratégie de l’UMONS

Publié le 17 mars 2026
Rédigé par Damiano Di Stazio
À l’UMONS, la création de spin-offs résulte d’un accompagnement structuré, notamment porté par l’Administration de la Valorisation de la Recherche et l’UMONS Entrepreneurship Academy. Avec 14 spin-offs actives et près de 30 chercheurs-entrepreneurs en activité, l’université consolide un écosystème complet reliant laboratoires, investisseurs et incubateurs régionaux. Pulso Technology et PurpleTech, deux spin-offs récemment créées et issues des laboratoires de l’UMONS, en constituent des illustrations concrètes.

Depuis plusieurs années, l’UMONS a progressivement structuré un environnement dédié à l’entrepreneuriat académique, une priorité de notre Vice-Rectorat à la Recherche, pour faciliter et accompagner l’entrepreneuriat auprès de nos chercheurs.

Cette évolution s’est traduite par la création de l’UMONS Entrepreneurship Academy, puis, en 2023, par le lancement du statut de chercheur-entrepreneur, une première en Belgique. L’objectif est clair : permettre aux scientifiques qui le souhaitent de transformer leurs résultats de recherche en projets d’entreprise, sans rompre avec leur ancrage académique.

« Notre volonté est de personnaliser l’accompagnement que nous offrons à nos chercheuses et chercheurs pour les inciter à se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat », souligne Ruddy Wattiez, Vice-Recteur à la Recherche, à l’Innovation et à l’Entrepreneuriat.

Concrètement, le parcours proposé s’organise en quatre niveaux, de l’émergence de l’idée à la création effective de la société. À chaque étape, les chercheurs bénéficient d’un suivi individualisé, de formations transversales et d’un accès au Parcours de l’Entrepreneur, qui comprend 24 ateliers pratiques gratuits.

L’accompagnement ne se limite pas à la formation : il intègre un accès privilégié au réseau d’investisseurs de l’université, dont IMBC (Invest Mons-Borinage-Centre), ainsi qu’une mise en relation directe avec des incubateurs partenaires comme Ignity et le BioPark. Ce maillage inclut également le réseau hospitalier régional et, selon les besoins, des acteurs opérationnels tels que réviseurs d’entreprises ou notaires.

En parallèle, l’Administration de la Valorisation de la Recherche de l’UMONS (AVRE) intervient sur les dimensions plus techniques : montage de dossiers dans le cadre du programme de la Wallonie Win4SpinOff, développement de preuves de concept (POC) ou encore négociation de licences et gestion de la propriété intellectuelle.

C’est l’articulation de ces dispositifs – accompagnement stratégique, structuration financière, protection des résultats scientifiques et ouverture vers l’écosystème régional – qui permet aujourd’hui à certains projets de franchir le cap de la création d’entreprise.

Plus récemment, l’UMONS s’est engagée dans le Virtual Impact Factory (VIF) : ce dispositif associe notamment l’UMONS, Multitel, Materia Nova, EONIX, IMBC, I-Care et IDEA en partenariat avec des incubateurs. Son objectif ? Structurer le passage entre laboratoire et marché en identifiant des technologies matures, en mobilisant des entrepreneurs de la région et en donnant accès à un réseau d’investisseurs et d’entreprises pilotes. Deux spin-off  issues de l’UMONS, Pulso Technology et PurpleTech, ont été soumis au board du VIF et bénéficieront de son accompagnement.

« Entreprendre au sein de l’université, c’est continuer à collaborer dans des projets d’innovation tout en s’appuyant sur un réseau solide d’investisseurs et de partenaires », précise Ruddy Wattiez.

Deux spin-offs issues des laboratoires montois
PULSO : une pompe programmable pour tester les dispositifs cardiovasculaires

PULSO développe la « PulsoPump », une double pompe compacte capable de reproduire fidèlement des flux artériels pulsés du système cardiovasculaire. L’objectif est de recréer en laboratoire différents débits sanguins afin de tester et valider des dispositifs médicaux, soutenir la R&D et contribuer à la formation de chirurgiens interventionnels. La spin-off est issue d’un processus structuré de valorisation (dont un brevet déposé conjointement par l’UMONS, l’ULB et Kamil Chodzynski et un financement des dispositifs comme le Win4SpinOff) et a bénéficié d’un appui d’Ignity et du BioPark.

Au cours des prochaines années, PULSO ambitionne de développer une plateforme complète de simulation cardiovasculaire in vitro, intégrant différents modules permettant de reproduire des environnements physiologiques complexes et de tester un large spectre de dispositifs interventionnels (valves cardiaques, stents, dispositifs de réparation valvulaire, systèmes d’assistance circulatoire). L’entreprise vise également à renforcer ses collaborations avec des industriels du secteur medtech, des centres hospitaliers et des équipes académiques afin de positionner ses solutions comme un outil de référence pour les phases de développement préclinique et de formation médicale avancée.

« Notre ambition est de permettre aux chercheurs, aux industriels et aux médecins de tester et d’optimiser leurs dispositifs cardiovasculaires dans des conditions physiologiques réalistes, tout en réduisant significativement le recours aux modèles animaux. Nous voulons faire de la simulation in vitro un outil central de l’innovation et de la formation en cardiologie interventionnelle », souligne Marco Testaguzza, CEO.

 

PurpleTech : bactéries pourpres au service de la nutrition

Issue de technologies développées au sein du laboratoire de Protéomie et Microbiologie de l’UMONS, en partenariat de longue date avec l’European Spatial Agency (ESA), notamment via le projet MELiSSA, PurpleTech valorise les propriétés de bactéries pourpres non sulfureuses comme Rhodospirillum rubrum.

La spin-off développe un système de production à faible empreinte environnementale basé sur des sacs photobioréacteurs intégrant LED multispectrales et capteurs. Les applications ciblent les compléments alimentaires (santé métabolique) et l’alimentation animale (aviculture et pisciculture).

PurpleTech doit aujourd’hui consolider les applications santé des bactéries pourpres dans les secteurs feed et food. L’objectif est ici de démontrer la valeur ajoutée de ces organismes dans diverses applications. En particulier, leur haute teneur en Co-enzyme Q10 en fait des ingrédients particulièrement pertinent pour les personnes âgées ou les sportifs en quête de récupération rapide. Leur pouvoir anticholestérol, démontré chez l’animal notamment dans le cadre du projet MELiSSA, doit aussi être confirmé chez l’homme afin d’en faire un acteur majeur de la santé métabolique humaine. Du côté des acides gras insaturé, les bactéries pourpres sont aussi prometteuses, avec des compositions tout à fait singulière et intéressantes. Les pigments qu’elles contiennent en font aussi des additifs précieux pour l’aquaculture ou la production d’œufs à haute valeur nutritionnelle.

« Leur composition en molécules à haut potentiel santé, mais aussi leur fort pouvoir antioxydant, font des bactéries pourpres des ingrédients à fort potentiel nutritionnel », souligne Baptiste Leroy.

« L’ambition de PurpleTech est de produire ces bactéries en valorisant des sous-produits de l’agro-industrie dans une stratégie d’économie circulaire. Aujourd’hui les défis sont nombreux en termes de démonstration d’activité, de procédé de production ou même de règlementation mais nous sommes convaincus que, grâce à nos partenaires, au soutien de notre institution, de la région Wallonne et de l’Europe, nous parviendrons à faire jouer un rôle à ces extraordinaires microorganismes dans la nutrition du future».

 

 

Une valorisation structurée, du laboratoire au marché

La création de PULSO et de PurpleTech résulte d’un enchaînement précis : identification d’un résultat scientifique à potentiel, sécurisation de la propriété intellectuelle, développement de preuves de concept, mobilisation de financements régionaux et mise en relation avec investisseurs, incubateurs et autres acteurs-clés de l’écosystème. Ce cheminement, accompagné par l’AVRE, l’UMONS Entrepreneurship Academy et désormais le Virtual Impact Factory, montre comment un projet de recherche peut évoluer vers une entreprise structurée, ancrée dans un écosystème régional associant partenaires académiques, industriels et financiers.