Un prix récompense une recherche sur la participation dans un contexte d’urgence dans le secteur de l’aide à la jeunesse
En aide à la jeunesse, la participation des bénéficiaires constitue l’un des principes directeurs du décret qui encadre le secteur. Elle vise à associer les enfants et leurs parents aux décisions qui les concernent, dans une logique de respect et de reconnaissance de leurs droits. Mais lorsque l’intervention s’inscrit dans l’urgence, avec des placements à court terme et des situations souvent marquées par la contrainte, ce principe se heurte à de nombreuses limites.
C’est ce décalage entre cadre normatif et réalités du terrain qui a retenu l’attention de Laure Sarrazin. Diplômée d’un bachelier d’assistante sociale à la HELHa de Mons, elle a ensuite poursuivi un master en sciences de l’éducation à finalité spécialisée en action sociale à l’UMONS. Son mémoire s’inscrit dans un intérêt de longue date pour le secteur de l’aide à la jeunesse, découvert dès ses premiers stages.
Donner à voir la participation en contexte d’urgence
« Mon travail de mémoire porte sur la participation des bénéficiaires au sein des services résidentiels d’urgence », explique Laure Sarrazin.
Son objectif était de comprendre comment ce principe se traduit concrètement dans un contexte peu exploré par la recherche : l’intervention d’urgence.
Pour cela, elle a mené une recherche exploratoire qualitative basée sur des entretiens semi-directifs avec neuf travailleurs sociaux exerçant dans six services résidentiels d’urgence en Fédération Wallonie-Bruxelles. Les entretiens, centrés notamment sur l’intervention d’urgence et la participation des parents et des enfants, ont fait l’objet d’une analyse thématique rigoureuse. Cette démarche a permis de dégager des pratiques, des tensions et des ajustements développés par les professionnels pour tenter de faire place à la participation malgré les contraintes temporelles et institutionnelles.
Une recherche ancrée dans le terrain et appelée à se poursuivre
« Étant moi-même travailleuse sociale de formation, j’ai souhaité mettre en avant l’expérience d’acteurs de terrain », souligne-t-elle. Réalisé dans la continuité de deux stages de recherche au sein du Service de Pédagogie et Andragogie Sociales (SPAS) de l’UMONS, sous l’encadrement de Charles Glineur, ce travail bénéficie d’un fort ancrage empirique.
La recherche connaît déjà des prolongements : un projet d’article scientifique, fondé sur les données du mémoire et consacré à la participation des enfants en situation de contrainte, est actuellement en cours d’évaluation pour la revue Travail Social.
Le mémoire de Laure Sarrazin a été récompensé par le prix de l’Observatoire de l’Enfance, de la Jeunesse et de l’Aide à la Jeunesse, saluant la qualité scientifique du travail et son ancrage dans les réalités du terrain.