Enseignement Prix, bourses et distinctions

Valentin BOUVRY, diplômé de la FA+U, est lauréat ex-aequo du Prix CILAC-Jeunes chercheurs et chercheuses en patrimoine industriel 2025

Publié le 1 février 2026
Rédigé par FA+U
Afin d’encourager la recherche et la valorisation du patrimoine industriel ainsi que les initiatives innovantes dans ce domaine, le Prix CILAC 2025 a distingué, le 06 décembre dernier, trois lauréats dont Valentin BOUVRY, contribuant significativement à la connaissance et à la mise en valeur du patrimoine industriel, technique ou scientifique.

Après avoir obtenu, avec grande distinction, son Master en Architecture et le Prix du Travail de Fin d’Études (promotion 2022-2023 de la Faculté d’Architecture et d’Urbanisme de l’Université de Mons), Valentin BOUVRY a poursuivi son parcours par un Master interuniversitaire de spécialisation en Conservation et Restauration du Patrimoine Culturel Immobilier (ULB, UCL, ULiège, UNamur, HEH, UMONS).

Diplômé en 2025 de ce Master de spécialisation, également avec grande distinction, il a défendu un mémoire intitulé : « Quel avenir pour les moulins à eau en Wallonie : le cas du moulin de Cambron-Saint-Vincent ». Le 6 décembre 2025, ce travail a été distingué par le Prix CILAC, décerné par le Comité d’Information et de Liaison pour l’Archéologie, l’Étude et la Mise en Valeur du Patrimoine Industriel. Ce prix, créé en 2011, récompense les étudiants des domaines des sciences humaines et sociales, des sciences de l’ingénieur, de l’architecture, de l’urbanisme, des arts plastiques ou encore de la conservation-restauration. Il vise à encourager la recherche, la valorisation et les initiatives innovantes liées au patrimoine industriel, scientifique et technique.

👏Toutes nos félicitations à Valentin BOUVRY pour cette belle reconnaissance !

Le travail de fin d’études : « Quel avenir pour les moulins à eau en Wallonie : le cas du moulin de Cambron-Saint-Vincent. »

Le moulin de Cambron-Saint-Vincent est un moulin à eau situé dans la commune de Lens, dans le Hainaut. Mentionné dès 1203, il fut initialement la propriété du Chapitre Saint-Vincent de Soignies avant d’être exploité par la famille Degauquier au XVIIIᵉ siècle. Le bâtiment actuel, qui date de cette période, se composait à l’origine d’un premier moulin au nord. Au XIXᵉ siècle, des travaux de rehaussement et d’agrandissement vers le sud, ainsi que l’installation d’une machine à vapeur, ont permis au moulin de résister à la révolution industrielle, une période marquée par la disparition progressive des moulins à eau en Belgique. L’ajout d’une roue de type Sagebien, particulièrement performante, illustre la volonté d’adapter l’édifice aux évolutions techniques et d’optimiser la productivité face à la concurrence des grandes meuneries industrielles. Transformé ensuite en distillerie, le moulin fut définitivement mis à l’arrêt dans les années 1960. Depuis lors, ses mécanismes d’origine ainsi que de nombreux outils du meunier sont restés sur place, témoignant de son activité passée.Le moulin de Cambron-Saint-Vincent

Dans le cadre de l’obtention de son diplôme en Conservation et Restauration du Patrimoine Culturel Immobilier, Valentin a choisi de consacrer son mémoire à ce moulin, véritable témoin du patrimoine rural wallon aujourd’hui menacé. La préservation et la valorisation des moulins à eau en Wallonie se heurtent à de multiples difficultés : manque d’eau, contraintes environnementales, procédures administratives complexes et coûteuses ou encore entretien technique délicat et onéreux nécessitant des savoir-faire spécialisés. À ces obstacles s’ajoute une faible valorisation culturelle et touristique, due à un manque de sensibilisation du public à l’importance historique et patrimoniale de ces édifices.

Le moulin de Cambron-Saint-Vincent Face à ce constat, son travail vise à documenter, comprendre et préserver la mémoire du moulin de Cambron-Saint-Vincent grâce aux nouvelles technologies. L’usage du scanner 3D, du drone et de la photogrammétrie permet d’analyser la structure du bâtiment, d’identifier ses transformations successives et d’en conserver une trace numérique durable, en vue d’une éventuelle restauration ou, à défaut, d’en préserver le souvenir. L’étude combine une approche historique, une analyse archéologique du bâti et une étude fonctionnelle des mécanismes, afin de mettre en évidence ses spécificités architecturales et techniques. Enfin, une réflexion patrimoniale, nourrie par la comparaison avec trois autres moulins, interroge les enjeux de conservation et de rénovation pour proposer un équilibre entre sauvegarde, authenticité et transmission, dans le but de redonner sens et visibilité à ce patrimoine souvent méconnu.

Valentin Bouvry : « Les moulins sont des bâtiments fascinants. Même si celui-ci n’a vécu « que » quelques siècles, il s’inscrit en réalité dans une histoire bien plus ancienne, presque millénaire. Quand on entre dans un moulin, qu’il soit délabré ou restauré, on ressent encore la présence des savoir-faire d’autrefois, ces techniques patientes, ces gestes répétés et transmis de génération en génération. On imagine la roue se mettre en mouvement, les dents des engrenages s’entrechoquer, les meules tourner et le meunier hisser les sacs de grain. Toute une chorégraphie mécanique et humaine, qu’il me semblait important de remettre en lumière. Il convient également de souligner que l’archéologie des moulins demeure un champ encore largement méconnu, qui gagnerait à être davantage exploré. Petit patrimoine mais grande histoire ! »