Conférences/Colloques

Agir dans la ville. Art et politique dans l’espace urbain 4 : De la destruction

Publié le 15 décembre 2019
Rédigé par Elsa Cuche
4ème édition du colloque "Agir dans la ville", véritable lieu d'échange interdisciplinaire autour d'une thématique commune.

Conformément à ses trois éditions précédentes, l’objectif du colloque « Agir dans la ville. Art et politique dans l’espace urbain 4 : De la destruction » fut de réunir des chercheurs issus de différents champs disciplinaires tels que l’architecture, l’histoire de l’art, la sociologie, l’anthropologie, la philosophie, les arts et sciences de la communication, les langues et lettres, la géographie, le droit ou les sciences historiques autour d’une analyse critique de la dimension politique des interventions dans les espaces urbains. Cette 4e édition, dirigée par Damien Darcis (Université de Mons), Jeremy Hamers (Université de Liège) et Marjorie Ranieri (Université de Mons), a rassemblé une trentaine de chercheurs européens autour des phénomènes de destruction non autorisés d’espaces.

En partant le plus souvent d’exemples concrets de destruction – volontaire ou involontaire, réalisée ou subie – d’espaces urbains, les intervenants ont chaque fois essayé de montrer comment la destruction pouvait être pensée comme la condition de la reconfiguration ou de la réinvention des usages et des pratiques sociales, des formes de socialité et de civilité, jusque-là inscrites, liées ou assimilées à un lieu. Les chercheurs ont essayé de dépasser l’opposition simple entre des destructions organisées par le pouvoir ou s’inscrivant dans les logiques de pouvoir dominantes qualifiées positivement (on parle de revitalisation urbaine, de redéploiement économique, de requalification lorsqu’on détruit parfois des quartiers entiers) et des destructions non autorisées présentées négativement (on fait chaque fois référence au vandalisme, aux casseurs, lors par exemple d’une manifestation ou d’un mouvement social) en montrant comment ces destructions échappant ou s’opposant à ces logiques de pouvoir pouvaient faire l’objet d’une autre approche. Plutôt que de penser la destruction comme une perte, nous avons posé les questions suivantes : « qu’est-ce qui se transforme, se reconfigure ou se réinvente à la suite de la destruction ? », « quels nouveaux usages, quelles nouvelles pratiques fait-elle exister ? », « qu’est-ce qui, à même la ruine, est toujours en train de voir le jour ? »

Pendant trois jours, cette quatrième édition du colloque Agir dans la ville permit, comme les précédentes, de faire exister l’interdisciplinarité que requiert nécessairement l’étude des grands enjeux urbains.