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L’UMONS, partenaire de l’IDEA pour le projet de géothermie à l’Hôpital Ambroise Paré

Publié le 12 février 2019
Rédigé par VSaintghislain
C'est plus particulièrement le service de géologie fondamentale et appliquée de la Faculté Polytechnique qui est impliqué dans ce projet de 16 millions d'euros qui vise donc dans un premier temps à lancer une grande campagne de prospection géophysique destinée à mieux connaître les caractéristiques du sous-sol du Cœur du Hainaut.

Ce mardi 12 février, les ministres régionaux Jean-Luc Crucke et Carlo Di Antonio, en compagnie des autorités de la Ville de Mons, de l’intercommunale IDEA et de l’hôpital Ambroise Paré ont procédé au lancement d’une première phase majeure dans le projet de creusement de deux puits géothermiques de plus de 2.000 m de profondeur au cœur de la Ville de Mons.

L’Université de Mons, via sa Faculté Polytechnique et plus particulièrement son service de géologie fondamentale et appliquée, (prof. O. Kaufmann) est étroitement associée à ce projet qui vise dans un premier temps à lancer une grande campagne de prospection géophysique destinée à mieux connaître les caractéristiques du sous-sol du Cœur du Hainaut. 14 communes de la région de Mons vont être sillonnées jusque fin mars par des camions vibrateurs conçus pour scanner par ondes sonores les caractéristiques de notre sous-sol.

Il s’agit là de la première étape dans la concrétisation d’un vaste projet de développement de la géothermie en Cœur du Hainaut, financé par la Wallonie et le Fond européen de développement régional (Feder) et qui vise à terme (pour la mi-2023) à alimenter en eau chaude notamment l’hôpital Ambroise Paré mais aussi d’autres bâtiments proches des futurs lieux de forage.

Après cette phase d’auscultation du sous-sol, il est prévu au cours de l’année 2020, de forer un doublet de puits à plus de 2.000 mètres de profondeur et d’y raccorder un futur réseau de chauffage urbain au cœur de la Ville. Le premier puits sera dédié au pompage de l’eau chaude au sein de la nappe profonde tandis que le second permettra de réinjecter l’eau dans le sous-sol, après son passage dans les échangeurs de chaleur.

Dans une deuxième étape, de mi-2021 à mi 2023, une centrale géothermique sera construite à côté des deux puits pour qu’ensuite l’hôpital Ambroise Paré et les éventuels autres clients puissent profiter de cette nouvelle source d’énergie locale, durable et pérenne.

La campagne d’essais géophysiques qui s’étendra de la mi-février à la fin mars 2019 vise à mieux connaître la structure de la nappe profonde géothermique qui reste encore méconnue. Dans ce cadre, afin de mieux connaître les caractéristiques géologiques du sous-sol, deux campagnes d’essais géophysiques (sismique et gravimétrie) sont prévues.

Lors des essais sismiques, des capteurs, appelés géophones, enregistrent les signaux émis par des camions vibrateurs. Une image des différentes couches du sous-sol est ensuite reconstruite sur base de l’analyse des échos enregistrés en surface.

Ces ondes sont générées par des émetteurs placés à bord de camions, dont le passage à vitesse très réduite est prévu sur le territoire de 14 communes au cours des prochaines semaines.

Ces camions vont parcourir les routes du territoire de plusieurs communes, de Bernissart jusqu’à Mons. Ces campagnes seront réalisées sur une distance d’un peu plus de 90 km. Les 14 communes concernées sont : Bernissart, Boussu, Colfontaine, Dour, Frameries, Hensies, Honnelles, Jurbise, Mons, Quaregnon, Quévy, Quiévrain, Saint-Ghislain et Soignies.

La future centrale thermique sera construite au-dessus des deux puits, dans le parc situé juste à côté de l’hôpital Ambrose Paré.

A terme, les 2 puits géothermiques délivreront un débit escompté de 150 m³/heure avec une eau à une température de l’ordre de 70° C. La capacité de production d’énergie renouvelable est estimée à 7 MW. La production d’eau chaude souterraine ainsi récoltée devrait permettre de répondre aux besoins de 700 logements et 1.750 personnes ; soit une économie de CO2 de 3.514 tonnes/an.

L’investissement total est de l’ordre de 16 millions d’euros, financé à hauteur de 80% par la Région et l’Europe ; le solde étant à charge d’IDEA.
Le creusement de ce doublet géothermique constitue une première concrétisation majeure d’un plan de déploiement de la géothermie à l’échelle du Cœur du Hainaut, développé par IDEA et l’UMONS qui collaborent ensemble depuis plus de trente ans sur divers sujets (l’hydrogéologie, la géophysique, les ressources en roches et minérales), dénommé « GEOTHER-WALL ».

Concrètement, les experts de la Faculté Polytechnique ont identifié dans le Bassin de Mons un potentiel géothermique s’étendant sur une bande de ± 20 km de long sur ± 5 km de large. L’IDEA a ensuite mené une réflexion axée sur une série de propositions pouvant faire de la géothermie une source d’énergie compétitive et un véritable enjeu de redéploiement économique régional.

La maîtrise acquise par IDEA et l’UMONS dans l’étude de dossiers de recherches et d’application techniques est largement reconnue. Vu l’intérêt des parties de continuer à développer des collaborations permettant le croisement des expertises de manière à garantir la mise en œuvre de projets, la maîtrise des coûts des investissements publics mais aussi la poursuite des investissements dans le domaine de la recherche et la préservation de l’intérêt général, une évolution de la convention de collaboration a été conclue en 2015 sur base d’une coopération public-public.

Ce n’est pas un hasard si, au sein de notre université, c’est plus particulièrement la Faculté Polytechnique qui collabore sur ce projet, a déclaré la Vice-Rectrice à la Promotion des partenariats régionaux et interrégionaux, le Prof. Diane Thomas. La connaissance du sous-sol, la maitrise des techniques d’investigation, de caractérisation et de modélisation, sont autant d’héritages précieux du passé d’école des mines de cette faculté d’ingénieurs créée en 1837. Ce n’est bien sûr pas un hasard non plus si le service plus spécifiquement impliqué dans ce projet est le service de Géologie fondamentale et appliquée, dirigé par le professeur Olivier Kaufmann. Ce service a développé depuis longtemps, entre autres spécialités, une grande expertise dans l’étude des ressources du sous-sol régional.

Les collaborations avec l’IDEA entre la Faculté Polytechnique en général et en particulier, le service du Prof. Kaufmann, existent de longue date avec un contrat de recherche portant sur les nappes aquifères de notre région, initié dès 1977. Cette volonté de collaborer a été réaffirmée par la signature en septembre 2015 d’une convention de longue durée entre l’IDEA et la Faculté Polytechnique de l’UMONS, couvrant notamment la réalisation d’études dans des domaines d’intérêt communs (ressources en eau, pollution des sols et des eaux souterraines, risques géologiques et miniers, mais aussi les énergies du sous-sol, comme la géothermie).

Plus d’infos sur ce projet ? olivier.kaufmann@umons.ac.be